• Danton et Robespierre au sénat

    Alors que depuis des années, les socialistes nous martèlent qu’il faut supprimer le Sénat, inutile et trop coûteux, alors que la crise creuse de plus en plus profondément son fossé, voilà que nos ténors du PS et leurs groupies en folie  se mettent à célébrer leur victoire dans cette sainte assemblée qui, selon leurs promesses passées, devrait disparaître sous peu.

    Lionel Jospin ne se faisait-il pas l’écho de cette fronde en déclarant que le sénat était une 
    « anomalie démocratique » et Jack Lang en le qualifiant de pièce d’archéologie ». Combien d’autres institutions prestigieuses de notre pays disposent des mêmes prérogatives que le sénat pour surveiller nos lois ?
    Eh bien non, cette question n’est plus à leur ordre du jour. AU contraire, nantis d’une pseudo majorité due au ralliement douteux de certains dissidents de droite, les voilà tout ragaillardis par la prise de cette forteresse sans véritable fortification. A moins que cette victoire à la Pyrhus ne les fasse déjà rêver d’une autre en 2012. Les voilà tous rassemblés, ceux qui ne cessent de se tirer dans les pattes du matin au soir, autour d’un hémicycle, somme doute désuet, mais dont le pactole est toujours bon à prendre. Aussitôt élu le nouveau président clame qu’il se veut être un homme de consensus républicain (litanie maintes fois entendue) : qui pourrait le lui reprocher !
    Parviendra t’il ( ou voudra t’il) restreindre les privilèges exorbitants de cette vénérable assemblée dont les bénéficiaires sont considérés depuis des lustres comme une association de « dinosaures de pépés réac » et leur temple d’antre du conservatisme !!!
     Frédéric Dupont disait à ce sujet : «  Je resterai député jusqu’à ma mort… Après quoi j’irai au sénat. »
    A quoi donc servirait cette alternance si nos nouveaux Danton et Robespierre se refilent les mêmes oripeaux et se vautrent dans les mêmes immobilismes.  A  la  seule différence, c’est que nos glorieux pères de la Révolution Française y ont perdu leur tête sur l’échafaud.
    Il y a une logique en toute chose : Le résultat de ces élections est la démonstration d’une maladie qui s’appelle « la réformité chronique» de nos parlementaires, bons petits soldats aux ordres de leurs partis qui votent avec une frénésie aveugle ( dans la plus totale méconnaissance, voire inconscience, des lois dont les répercussions budgétaires sur nos communes seront bien douloureuses pour les contribuables.
    N’est-ce pas, Mesdames et Messieurs les Sénateurs d’une gauche au triomphalisme un tantinet exagéré, de prendre conscience de la réalité qui nous attend, nous autres élus de proximité et de terrain ?

    Est-il tolérable de voir régulièrement disparaitre nos services publics de proximité qui restent l’âme essentielle de la vie républicaine de nos villages et communes rurales ? Ordre du jour de votre prochaine session ???

    Bien amicalement,

    Daniel Dufreney